• Le musée d’Elbeuf naît en 1884 pour accueillir la collection ornithologique de Pierre Noury, ancien préparateur au Muséum de Paris et professeur de dessin à Elbeuf. Premier conservateur, il enrichit les collections de plusieurs œuvres d’art. Ses successeurs se tournent ensuite résolument vers les sciences naturelles, et la collection s’accroît rapidement. Après 1950, Charles Brisson fait entrer au musée les premières collections historiques, notamment les découvertes archéologiques faites à Caudebec-lès-Elbeuf. Enfin, les années 1990 voient l’acquisition de plusieurs témoignages de l’industrie drapière locale, dont de monumentales machines.
    L’équipe du musée rédige en 2006 son projet scientifique et culturel, première phase d’une profonde restructuration initiée par l’Agglo d’Elbeuf, qui se voit transférer le musée en janvier 2007. Après le choix de l’architecte muséographe, suivent de nombreuses phases d’études. Le chantier architectural est lancé début 2008 et le chantier muséographique mi 2009.

  • L’établissement d’un inventaire des collections est une obligation légale (loi n° 2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux musées de France). Il possède deux fonctions importantes :
    - administrative : il prouve la propriété des collections, qui sont inaliénables et imprescriptibles.
    - scientifique : il réunit toutes les informations relatives à l’objet
    En outre, l’inventaire est un précieux outil de gestion des collections. Un numéro d’inventaire est inscrit sur chaque objet et est reporté sur la base de données.
    Entamé en janvier 2007, le récolement complet des collections est informatisé, le but étant d’établir une base de données exhaustive. L’inventaire d’un musée comporte plusieurs rubriques, comme la description de l’objet (matériaux, techniques, dimensions…), des éléments importants sur sa création (auteur, date…), son origine (lieu de découvertes, précédents collectionneurs…), son statut administratif (mode d’acquisition), sa localisation…

  • Afin de préparer le déménagement des 45 000 objets qui constituent les collections du musée, un bilan sanitaire a été élaboré en 2006 par Frédérique Vincent, restauratrice conseil pour le cabinet ABCD.

    Ses conclusions ont pointé un important empoussièrement des collections, mais peu de dégradations importantes. Certains objets, notamment les taxidermies et les textiles, portaient des traces d’infestations d’insectes. Une vaste opération, appelée chantier des collections, s’imposait donc afin de mettre en place des conditions de conservation optimales, mais aussi de préparer les collections à leur déménagement.
    Mené par deux restauratrices diplômées et par l’équipe du musée, ce chantier des collections débuté en janvier 2007 a duré plus de deux ans. Il comprenait entre autre le dépoussiérage des objets, leur conditionnement, le traitement des infestations… Chacun des 45 000 objets a été traité et, parallèlement, porté sur la base d’inventaire informatisée.

  • Le musée a mené entre 2007 et 2009 plusieurs campagnes de restauration. Les peintures ont été confiées à Brigitte Arbus et Jean-Pascal Viala, les sculptures à Frédérique Berson, l’archéologie à Muriel Moser et les vêtements liturgiques à Isabelle Bédat. Quelques opérations sur des animaux naturalisés ont en outre été réalisées par un taxidermiste.
    L’objectif de ces restaurations est de rendre exposables des objets trop fragiles ou devenus difficilement compréhensibles pour les visiteurs. Les sculptures encrassées ont ainsi été nettoyées, les châssis de certains tableaux ont été revus et les broderies des vêtements liturgiques de l’église Saint Jean consolidées. L’intervention des restaurateurs a permis d’heureuses découvertes : des restes de polychromie sur une statue de Saint-Roch du XVIe siècle ou le cachet du roi Louis-Philippe à l’arrière d’un tableau.
    Si spectaculaires qu’elles soient, les restaurations doivent rester exceptionnelles, les efforts du musée devant d’abord porter sur l’optimisation des conditions de conservation…

  • Édifié à la fin du XIXe siècle puis agrandi vers 1960, le bâtiment dans lequel s’établira le musée fait partie du vaste ensemble constitué par les usines Blin et Blin. Cette entreprise, qui produisait du drap, compta jusqu’à 2 000 employés dans les années 1920.
    Après la fermeture de l’usine en 1976, l’ensemble est reconverti par le cabinet Reichen et Robert en logements de type HLM. Le bâtiment qui abritera le musée accueille alors brièvement un supermarché !
    La dernière réhabilitation du bâtiment a été confiée au cabinet d’architecte Archidev, qui a réparti les différentes fonctions du musée sur plusieurs niveaux. Les espaces d’exposition permanente, au rez-de-chaussée et au 2e étage, sont réunis par une trémie permettant une circulation verticale. Le rez-de-chaussée accueillera également les réserves, tandis que le 1e étage abritera les bureaux et la bibliothèque. Les expositions temporaires seront présentées au 3e étage.
    Cette répartition donne au musée un accès de plain-pied sur le cours Gambetta, tout en lui ménageant des espaces sous les sheds. Ce type de couverture industrielle accompagnera de manière spectaculaire l’espace consacré aux machines textiles. Enfin, placées au cœur du bâtiment, les réserves profiteront de son inertie climatique, pour un contrôle plus efficace des conditions de conservation.

  • Jouissant des volumes imposants d’un bâtiment industriel, le musée peut se doter de dispositifs spectaculaires qui, en lien avec les collections, viennent rythmer le parcours du visiteur.
    Le plus bel exemple en est la nasse qui vient recouvrir l’escalier menant du rez-de-chaussée au 2e étage. Haute de plusieurs mètres, elle enserre les visiteurs montant au niveau supérieur et qui, à sa sortie, découvrent le vaste plateau couvert de sheds. Le contraste entre le caractère traditionnel du matériau et de la technique d’une part, et la couverture industrielle de métal et de verre de l’autre, devrait en souligner l’effet.
    Loin d’être un caprice architectural, cette nasse guide les visiteurs du vieux musée évoqué au rez-de-chaussée vers le musée moderne du 2e étage. Elle est en outre un clin d’œil à la pêche en Seine, présentée dans une des grandes vitrines latérales.

  • Fruit d'un important travail en réseau, le site portail des musées de Haute Normandie réunit en un seul espace toutes les informations sur les musées de France de la région. Il donne également accès à une base de données en ligne des collections des musées haut-normands.

    La base de données Joconde donne accès aux collections de l’ensemble des musées de France.

    Le site de l’OCIM (Office de Coopération et d’Information Muséographique) offre de nombreuses ressources, notamment bibliographiques, sur l’univers des musées.